Concourir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Courir ). XIV e siècle, concurre, « se rencontrer », puis concurrer, « s'accorder ». Emprunté du latin classique concurrere, « courir pour se rassembler en un point », puis, en latin juridique, « briguer, revendiquer la même chose ».
1. Se rencontrer en un même point.

Deux forces qui concourent au même point d'application

2. Tendre au même but ; contribuer à une même fin. Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Concourir au bien public. Bien des causes ont concouru à cet échec. Tout semblait à son bonheur, à sa perte. Ils ont tous concouru à le perdre.
3. Entrer ou être en concurrence pour obtenir un titre, un emploi, un prix. Être admis à . Concourir pour un emploi public, pour une chaire de droit, de médecine. Concourir pour un prix littéraire. Les candidats doivent s'inscrire avant telle date pour être admis à . Par méton. Ces œuvres ne pourront . Les meilleurs films concourent à ce festival.
4. Vieilli. Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement.


Ces créanciers concourent, ils ont une hypothèque de même date.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme COURIR.) Tendre ensemble au même but, coopérer. Il se dit des Personnes et des choses. "Diverses causes ont concouru à cet effet. Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Il concourut à le perdre. Il n'a concouru à cela ni directement ni indirectement. Concourir au bien public. Tout semblait à son bonheur, à son élévation, à sa perte."
Il signifie, en termes de Physique et de Géométrie, Se diriger vers le même point, se rencontrer. "Deux forces qui concourent vers un même point. Deux lignes qui concourent en un point."
Il signifie aussi figurément Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, etc., promis au plus capable, au plus digne. "Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, etc. Être admis à . Il a concouru avec un tel pour... Concourir pour une chaire de droit, de médecine, etc." On le dit aussi des Ouvrages mêmes faits par les concurrents. "Les ouvrages envoyés après telle époque ne pourront ."
Il signifie encore Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation. "Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement." On dit, en termes de Droit, "Des créanciers concourent," quand leur hypothèque est de même date.



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Se joindre pour une action commune, pour un effet commun, pour une opinion commune.
PASC.: « La conduite de Dieu est admirable pour faire toutes choses à la gloire de sa vérité »
BOSSUET: « Le prince les faisait au bien public »
BOSSUET: « Toutes ces choses concourent à établir les livres divins »
BOSSUET: « Tout semblait à le sauver »
BOSSUET: « L'idée de la perfection et celle de la félicité sont deux idées qui concourent »
BOSSUET: « Si mon jugement ne me trompe pas, si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapport à l'état présent, j'ose croire, et je vois les sages à ce sentiment, que les jours d'aveuglement sont écoulés et qu'il est temps désormais que la lumière revienne »
VOLT.: « Et si de la valeur le succès doit dépendre, J'espère que la mienne y pourra »
LA FONT.: « Son fait [d'une devineresse] consistait en adresse ; Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, Du hasard quelquefois, tout cela concourait ; Tout cela bien souvent faisait crier miracle »
J. J. ROUSS.: « Au milieu de tant de gens concourant à leur plaire »
    Coïncider.
BOSSUET: « Cette époque concourt avec le temps où.... »

 2   Terme de géométrie. Avoir, en parlant de lignes, une direction telle qu'elles doivent se rencontrer. Deux lignes qui concourent en un point.

 3   Avoir les mêmes droits, la même condition. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement.
    Terme de droit. Se dit en parlant des créanciers quand leur hypothèque est de même date.
    On dit des provisions de la cour de Rome pour un bénéfice qu'elles concourent, quand elles sont datées du même jour, cas où elles sont toutes deux nulles.

 4   Être en concurrence. Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, pour une chaire de droit, de médecine.
VOLT.: « Il [Philippe IV] envoya le comte de Fuentes déclarer au roi que les ministres espagnols ne concourraient plus dorénavant avec ceux de France [pour la préséance] »
    Se dit aussi en parlant des ouvrages envoyés à un concours. Ce livre a concouru pour les prix de l'Académie.
    Subir les épreuves d'un concours. Il concourt en ce moment à l'école de droit.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Il estoit vulgaire, si d'aultres plus fortes qualitez n'y concurroient, de.... »
MONT.: « L'auctorité y concurre quand et la raison »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. concurrer ; espagn. concurrir ; ital. concurrere ; du latin concurrere, de cum, et currere (voy. COURIR).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Courir.") Coopérer, produire un effet conjointement avec quelque cause, quelque agent. Il se dit Des personnes et des choses. "Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Il concourut à le perdre. Tous les princes d'Allemagne concouraient à cette élection. Il n'a concouru à cela ni directement ni indirectement. Concourir au bien public. Plusieurs causes durent à produire cette révolution. Tout semblait à son bonheur, à son élévation, à sa perte, etc. Concourir à une même fin."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Physique et de Géométrie, Se rencontrer. "Deux lignes qui concourent en un point."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, figurément, Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, etc., promis au plus capable, au plus digne. "Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, etc. Être admis à . Nous concourûmes la même année. Il a concouru avec un tel pour... Concourir pour une chaire de droit, de médecine, etc." On le dit quelquefois Des ouvrages mêmes faits par les concurrents. "Les ouvrages envoyés après telle époque ne pourront ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Courir".) Coopérer, produire un effet conjointement avec quelque cause, quelque agent. "La grâce concourt avec le libre arbitre. Dieu concourt avec les créatures. Dieu concourt avec les causes secondes. Vous ne sauriez venir à bout de cela, si un tel ne concourt avec vous. Tous les Princes d'Allemagne concourent à cette élection. Il n'y a concouru ni directement ni indirectement. Concourir au bien public".
On le dit aussi Des occasions et des choses qui semblent s'unir pour tendre à quelque fin. "Tout a concouru à sa fortune, à sa perte, etc. Concourir à son élévation, etc."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Concourir, signifie aussi, Étre en quelque égalité de droit ou de mérite pour disputer quelque chose. "Ces deux pièces d'éloquence concourent pour le prix". En ce sens il ne s'emploie qu'avec la préposition "Pour," ou absolument. "Ces deux pièces ont concouru".
On dit, que "Deux provisions d'un même Bénéfice concourent," Quand elles sont de même date.
En termes de Physique et de Géométrie, "Concourir" signifie, Se rencontrer. "Deux lignes qui concourent en un point".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Courir.") Coopérer, produire un effet conjointement avec quelque cause, avec quelque agent. "La grâce concourt avec le libre arbitre. Dieu concourt avec les créatures. Dieu concourt avec les causes secondes. Vous ne sauriez venir à bout de cela; si un tel ne concourt avec vous. Tous les" "Princes d'Allemagne concourent à cette élection. Il n'y a concouru directement ni indirectement. Concourir au bien public."
On le dit aussi Des occasions & des choses qui semblent s'unir pour tendre à quelque fin. "Toutes choses ont concouru à sa fortune, à sa perte. Il semble que le Ciel & la Terre aient voulu pour l'élever, &c. Concourir à sa perte,&c."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Être en quelque égalité de droit ou de mérite pour disputer quelque chose. "Ces deux pièces d'éloquence concourent pour le prix." En ce sens il ne s'emploie qu'avec la préposition "pour," ou absolument, "Ces deux pièces ont concouru."
On dit, que "Deux provisions d'un même Bénéfice concourent," Quand elles sont de même date.
En termes de Physique & de Géométrie, "Concourir" signifie, Se rencontrer. "Deux lignes qui concourent en un point."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

[Il se conjugue comme "courir".] Le P. "Rapin" écrit "concoureroit", le P. d'Avrigny "concourreroit": on doit écrire et prononcer, je "concoûrrai", je "concoûrrais", etc. l'"ou" est long.
- 1°. Produire un éfet conjointement avec quelque caûse; coopérer. Il régit "à" devant les noms et les verbes; et il se dit des "chôses" comme des "persones". 'Tout "concourt à" ma ruine: ils "ont" tous "concouru à" me "perdre". 'Je "concourrai" volontiers "à" cette bonne oeuvre: il "concourut" puissamment "à faire réussir" cette entreprise.
- Il régit aussi quelquefois la prép. "avec" pour les persones. 'Il "a concouru avec" moi "au" succès de cette afaire.
   2°. Avec la prép. "pour", il a un aûtre sens: entrer en concurrence pour disputer quelque chôse. Ces deux pièces "ont concouru pour" le prix.
   3°. En parlant de Bénéfices: deux provisions "concourent", quand elles sont de même date.
- 4°. En Physique et en Géométrie, "concourir", c'est se rencontrer. 'Deux lignes qui "concourent en" un point.
- * Un Auteur moderne emploie "concourir", pour, "afluer". Les pauvres "concourent" en grand nombre. 'Cette place est fort commode pour l'afluence du Peuple; qui y "concourt" pendant l'Octâve des Morts. "Rome Moderne".
- "Concours", a ce sens, "concourir" ne l'a pas.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Se joindre à quelque cause, à quelque agent pour la production d'un effet. Il se dit aussi des causes surnaturelles. "La grace concourt avec le libre arbitre. Dieu concourt avec les creatures. Dieu concourt avec les causes secondes". Il se dit aussi des causes Phisiques. "Les astres concourent avec les causes sublunaires".
On le dit aussi des causes morales. "Vous ne sçauriez venir à bout de cela, si un tel ne concourt avec vous. tous les Princes d'Allemagne concourent à cette election. il n'y a concouru directement ni indirectement".
On le dit aussi des occasions & des choses qui semblent se joindre pour tendre à quelque fin. "Toutes choses ont concouru à sa fortune, à sa perte. il semble que le ciel & la terre ayent voulu pour &c. à &c".
"Concourir," signifie aussi, Estre en quelque égalité de droit ou de merite pour disputer quelque chose. "Ces deux pieces d'eloquence concourent pour le prix".
On dit, que "Deux provisions d'un mesme Benefice concourent," Quand elles sont de mesme date.




Emplacement dans le dictionnaire :

concomitant
concordance
concordant
concordantiel
concordataire
concorde
concorder
concourant
concourine

concours
concret
concrété
concrètement
concréter
concréter (se)
concrétion
concrétiser
conçu
concubinage
concupiscence




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...; c'est le cas pour certaines servitudes. Des relations sont donc nécessaires pour réparer le préjudice, s'il est consommé, ou pour l'empêcher ; mais elles n'ont rien de positif. Elles ne font pas concourir les personnes qu'elles mettent en contact ; elles n'impliquent aucune coopération ; mais elles restaurent simplement ou maintiennent, dans les conditions nouvelles qui se sont produites, cette...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...esprits, elles ne correspondent pas à des sentiments bien vifs, ni même le plus souvent à aucune espèce d'état émotionnel. Car, comme elles fixent la manière dont les différentes fonctions doivent concourir dans les diverses combinaisons de circonstances qui peuvent se présenter, les objets auxquels elles se rapportent ne sont pas toujours présents aux consciences. On n'a pas toujours à administrer une...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...ce droit joue dans la société un rôle analogue à celui du système nerveux dans l'organisme. Celui-ci, en effet, a pour tâche de régler les différentes fonctions du corps, de manière à les faire concourir harmoniquement : il exprime ainsi tout naturellement l'état de concentration auquel est parvenu l'organisme, par suite de la division du travail physiologique. Aussi, aux différents échelons de...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...tiennent à des milliers de circonstances particulières que ceux-là seuls connaissent qui en sont tout près. à plus forte raison ne peut-il ajuster ces fonctions les unes aux autres et les faire concourir harmoniquement si elles ne concordent pas d'elles-mêmes. Si donc la division du travail a les effets dispersifs qu'on lui attribue, ils doivent se développer sans résistance dans cette région de la...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...existe, il ne suffit pas qu'il y ait un système d'organes nécessaires les uns aux autres et qui sentent d'une façon générale leur solidarité, mais il faut encore que la manière dont ils doivent concourir, sinon dans toute espèce de rencontres, du moins dans les circonstances les plus fréquentes, soit prédéterminée. Autrement, il faudrait à chaque instant de nouvelles luttes pour qu'ils pussent...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici

Usage du mot

Ce graphique vous montre la manière dont ce mot a été utilisé à travers les âges.


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...